Bloguer le Coran : Sourate 2 "la Vache" , versets 1 à 39-vidéo

Robert Spencer, du site Jihadwatch.org

La Sourate 2, Al-Baqara (“La Vache”), comme presque chacun des chapitres du Coran, tient son titre de quelque chose dont il est question dans son contenu – en l’occurrence, l’histoire de Moïse communiquant le commandement de Allah aux Israëlites pour qu’ils sacrifient une vache. (2:67-73). C’est la sourate la plus longue du coran – 286 versets – et elle introduit le schéma général (mais non absolu) du coran qui consiste à aller du plus long au plus court chapitre, à l’exception de la Fatiha, qui occupe une position privilégiée en tant que première Sourate à cause de son caractère central dans l’Islam. La sourate Al-Baqara, “La Vache,” fut révélée à Mahomet à Médine – c’est à dire lors de la seconde partie de sa vie de prophète, qui débuta à La Mecque en 610. En 622 Mahomet et la première communauté Musulmane se déplacèrent à Médine où pour la première fois Mahomet devint un chef politique et militaire. Les théologiens islamiques considèrent généralement que les sourates de Médine prévalent sur les sourates de la Mecque partout où il y a un désaccord, selon le verset 106 de ce chapitre du Coran, dans lequel Allah parle d’abroger des versets et de les remplacer par de meilleurs. (Cette interprétation du verset 106, toutefois, n’est pas universellement acceptée. Certains disent qu’il ne s’agit pas de l’abrogation de versets du Coran, mais seulement des Ecritures juives et Chrétiennes. Nous traiterons cette question plus loin dans notre série.)

La Sourate 2 contient de nombreuses informations capitales pour les musulmans et ils ont une grande estime pour elle. Le commentateur coranique du Moyen-Age Ibn Kathir (dont le commentaire est encore lu et respecté par les musulmans aujourd’hui) explique que la récitation de cette sourate provoque la détresse de Satan, en racontant que l’un des premiers disciples de Mahomet, Ibn Mas’ud, remarqua que Satan “quitte la maison quand la sourate Al-Baqarah est récitée, et en partant, il a des gaz” .Sans le mauvais goût de Ibn Mas’ud, Muhammad himself dit: “Satan s’enfuit de la maison dans laquelle la sourate Baqara est récitée”

Le chapitre commence avec les trois lettres arabes : alif, lam, and mim. De nombreux chapitres du Coran commencent avec ces trois lettres de la même manière, ce qui a donné naissance à beaucoup de spéculations mystiques concernant leur signification réelle . Mais le Tafsir al-Jalalayn, un autre commentaire coranique classique, résument succintement le point de vue suivant : “ Dieu seul sait ce qu’il entend par ces lettres.”

Le verset qui suit immédiatement ces lettres contient une doctrine islamique clé: “ C’est l’Ecriture en conséquent il n’y a pas à en douter.” Le Coran ne doit pas être remis en question ou jugé par aucun critère externe, au contraire, c’est plutôt lui, le Coran, qui constitue le critère par lequel toutes autres choses vont être jugées. Ceci, bien sûr, n’est pas vraiment différent de la façon dont de nombreuses religions voient leurs écritures saintes. Mais il n’y a pas eu dans l’Islam ce changement dans la critique historique et textuelle qui a transformé la façon dont les juifs et les Chrétiens comprennent leurs écritures aujourd’hui. Le Coran est un livre qu’il ne faut jamais douter. Lorsqu’un théologien islamique, Suliman Bashear, enseigna à ses étudiants à An-Najah National University à Nablus que le Coran et l’Islam étaient le produit d’un développement au cours de l’histoire plutôt qu’un produit livré tout fait et parfait à Mahomet,ils l’ont jeté par la fenêtre de sa salle de classe.

2:1-29 est une dissertation prolongée sur la perversité de ceux qui rejettent la croyance en Allah, et touche à plusieurs thèmes qui seront par la suite récurrents. Le coran, nous dit-on, est le guide pour ceux qui croient en ce qui a été révélé en Mahomet et « en ce qui a été révélé avant lui » (v. 4). Cela implique l’assomption souvent affirmée que le Coran est la confirmation de la Torah et de l’Evangile, qui enseigne le même message que Mahomet reçoit dans les révélations coraniques (voir 5:44-48). Quand il s’est trouvé que la Torah et l’Evangile ne s’accordaient pas avec le Coran, alors on commença à accuser les Juifs et les Chrétiens d’avoir falsifié leurs écritures — ce qui fait l’unanimité dans la croyance islamique aujourd’hui . Muhammad Asad déclare avec assurance: “la religion du Coran peut être correctement comprise seulement avec en arrière-plan le fait que des grandes religions monothéistes l’ont précédée , lesquelles selon la croyance musulmane atteignent leur point culminant et achèvent leur formulation définitive dans la foi de l’Islam.”

Un autre thème abordé est le contrôle absolu d’Allah sur toutes choses, même le choix des âmes individuelles de croire en lui ou de le rejeter. “ Quand à ceux qui rejettent la Foi, c’est la même chose si tu les avertis ou non, ils ne croiront pas. Allah a déposé un sceau sur leurs cœurs et sur leur oreilles, et sur leurs yeux il y a un voile, grand est le châtiment qui les attend” (vv. 6-7). Les Qadaris de l’histoire islamique primitive nous disent que l’homme a son libre arbitre, et est par conséquent capable de choisir de faire le bien ou le mal. Leurs opposants insistèrent que Allah déterminait toute chose. Alors que les deux partis avaient d’abondantes citations coraniques pour soutenir leur argumentation, au bout du compte les autorités musulmanes condamnèrent le Qadarisme comme étant une hérésie, car il limitait l’absolue souveraineté d’Allah sur toutes choses. Par conséquent ceux qui rejettent la foi le font car c’est la volonté d’Allah, selon ces versets, et non parce qu’ils sont libres de choisir. Voici ce que dit Ibn Kathir: “Ces versets indiquent que quiconque Allah a condamné à vivre dans la misère ne trouvera jamais personne pour le guider vers le Bonheur, et que quiconque Allah mène à l’erreur, il ne trouvera jamais personne pour le guider. » (Une bonne analyse de la controverse des Qadari peut être trouvée chez le théologien islamique renommé Ignaz Goldziher dans son livre Introduction to Islamic Theology and Law.)

Ensuite viennent la condamnation des hypocrites et des faux croyants, qui fréquemment tourmentaient Mahomet tout au long de sa vie de prophète (vv. 13-20). Et finalement, il y a l’assertion du caractère sublime du Coran, à tel point que ceux qui doutent sont mis au défi de produire une sourate aussi belle si ils refusent d’en accepter la provenance divine (v. 23). C’est un défi que beaucoup ont relevé, mais bien sûr c’est le genre de défi qui ne peut jamais être satisfait aux yeux de ceux qui l’ont lancé –”Même si les hommes et les djinns s’unissaient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran, ils ne sauraient produire rien de semblable, même s’ils se soutenaient les un les autres”. ” (17:88).

2:25 nous présente les fameux jardins du Paradis, où les croyants vont résider — que nous verrons plus en détail plus loin.

2:30-39 nous raconte l’histoire d’ Adam et Eve, dans un style qui suggère que les auditeurs de la récitation sont déjà familiers avec cette histoire. Allah dit aux anges de se prosterner devant Adam (v. 34), un commandement qui semble dépendre du principe biblique selon lequel l’Homme a été créé à l’image de Dieu, même si cette idée n’apparait pas ici. Selon Ibn Kathir, “Allah a placé la vertu de Adam au dessus des anges, parce qu’il a enseigné à Adam, et non à eux, le nom de toutes choses. » Satan refusa de se prosterner, et par là-même devint un incroyant (v. 34), et il tenta Adam et Eve avec le fruit défendu. Allah promet des révélations pour guider l’humanité, les avertissant que ceux qui ne tiennent pas compte de ces révélations seront punis par le feu de l’Enfer.

La sourate ensuite aux versets 40-75 se tourne vers les Enfants d’Israël, qui jouent un rôle si important dans le Coran (et non pas dans la conscience islamique moderne, ce qui n’est pas une coïncidence) que nous leur consacrerons notre prochain billet.

Ici vous pouvez trouver le reste de la série en anglais. Ici un bonne version du Coran en Arabe, avec une traduction en anglais disponible, ici deux traditions musulmanes populaires en anglais, celles de Abdullah Yusuf Ali et de Mohammed Marmaduke Pickthall, avec une troisième de M. H. Shakir. Ici une autre traduction populaire en anglais, celle de Muhammad Asad. And ici un recueil de 10 traductions du Coran.)

Pour finir, pour les francophones, une version en ligne du Coran pour vérifier toutes ces références.

Texte original en anglais écrit par Robert Spencer, sur le site http://www.jihadwatch.org le 11 Juin 2007

Traduit en français et adapté pour le public francophone par Antoine Martin.( Aka avraidire.) pour le site http://www.avraidire.eu le 02 Mars 2010

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